Guide
Poursuites, ZEK et crédit en Suisse : ce qu’il faut savoir
Beaucoup de personnes cherchent un « crédit sans justificatif » ou un crédit « malgré les poursuites ». Ce guide explique pourquoi le droit suisse ne le permet pas, et ce qui peut vraiment aider.
La loi
Un crédit sans justificatif est-il possible en Suisse ?
Non. La loi fédérale sur le crédit à la consommation (LCC) oblige chaque prêteur à examiner votre capacité de crédit (art. 28 LCC). Sans pièce d’identité, fiches de salaire et informations sur votre budget, aucun crédit à la consommation légal n’est possible.
Les offres qui promettent le contraire viennent souvent de France ou d’ailleurs, avec d’autres règles et en euros. Méfiez-vous surtout des frais demandés à l’avance : en Suisse, l’intermédiation d’un crédit est gratuite pour vous (art. 35 LCC).
Les fichiers
La ZEK et l’IKO, c’est quoi ?
La ZEK (Centrale d’information de crédit) est une base de données des banques et des sociétés de leasing. On y trouve les crédits, leasings et cartes en cours, mais aussi les demandes et les refus. L’IKO (Centre de renseignements sur le crédit à la consommation) est prévue par la loi et enregistre les crédits en cours pour l’examen de la capacité de crédit.
Une inscription n’est pas négative en soi : un crédit remboursé normalement est une information neutre. Ce qui pèse, ce sont les retards de paiement et les demandes répétées. Vous avez le droit de demander à la ZEK quelles données elle détient sur vous.
Les poursuites
Ce que la banque voit dans l’extrait des poursuites
L’extrait du registre des poursuites montre les poursuites introduites contre vous. Une poursuite en cours ou un acte de défaut de biens mène en règle générale à un refus, quel que soit le montant.
Si vous avez réglé la dette, demandez au créancier de retirer la poursuite. L’office des poursuites de votre lieu de domicile vous renseigne sur les démarches possibles, y compris pour une poursuite que vous estimez injustifiée.
Quand les dettes pèsent
Impôts et primes : vous n’êtes pas seul dans ce cas
Chez les personnes qui consultent un service de conseil en dettes, les impôts figurent dans 76 % des dossiers et les primes d’assurance maladie dans 60 % (Dettes Conseils Suisse, statistique 2025). Ce n’est pas un échec personnel, c’est une réalité très répandue.
Dans cette situation, un nouveau crédit n’est en général pas la bonne réponse : il ajoute des intérêts et une mensualité fixe à un budget déjà sous pression. Voici ce qui aide davantage :
- Plan de paiement : les administrations fiscales accordent souvent des paiements échelonnés. Demandez-le tôt.
- Réduction des primes : vérifiez auprès de votre canton si vous avez droit à une réduction individuelle des primes.
- Conseil en dettes : les services reconnus aident à établir un budget et à négocier avec les créanciers. Liste sur dettes.ch.
Situation stable
Pas de poursuite, un revenu régulier ?
Alors une demande bien préparée a de bonnes chances. Commencez par le calculateur de crédit, vérifiez les conditions et documents et, si plusieurs mensualités vous pèsent, regardez le regroupement de crédits.
Questions fréquentes
Questions sur les poursuites et la ZEK
Un crédit malgré des poursuites, est-ce possible ?
En règle générale, non. Les banques suisses refusent si des poursuites sont en cours ou si des actes de défaut de biens existent. Une offre qui promet autre chose ne respecte souvent pas le droit suisse.
Comment savoir ce que la ZEK enregistre sur moi ?
Vous pouvez demander à la ZEK une copie des données qui vous concernent, en invoquant votre droit d’accès selon la loi sur la protection des données.
Un crédit pour payer mes impôts, bonne idée ?
Rarement. Demandez d’abord un plan de paiement à l’administration fiscale. Un crédit remplace une dette par une autre, avec des intérêts en plus.